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La restauration des fresques de Primatice est
terminée.Venez découvrir cet ensemble unique en France, le second week-end de juin 2009,
lors des Journées de la Rose.
Deux pierres gravées et des éléments de pavement
sur le site de léglise abbatiale de Chaalis |

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Circonstances de
linvention Pendant
lannée scolaire, une classe à P.A.C.patrimoine du collège de Nanteuil a
travaillé sur larchitecture de labbatiale (modélisation des piles et des
ouvertures, construction de maquettes) et sur les problèmes liés à la conservation du
patrimoine (nettoyage des chapelles latérales et signalétique de prévention).
Dans la seconde chapelle latérale
méridionale, des élèves ont découvert en surface, deux monolithes gravés sur 5 faces.
Après le nettoyage de laire pour la débarrasser des débris végétaux (entre
autres éléments parasites), le sol de la chapelle a été nivelé puis recouvert
dun gravillon de type " tout venant " de 10 centimètres
dépaisseur en moyenne. Dans les jours qui suivirent la découverte, il apparut
nécessaire de procéder à lextraction desdites pierres pour les mettre à
labri des comportements peu respectueux de certains visiteurs. |
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| Plan
de labbatiale de Chaalis En foncé, les structures ou les substructures encore visibles. À
noter labsence, sur le plan, des passages latéraux permettant aux officiants de se
rendre vers les autels orientés des chapelles occidentales des croisillons du transept |
Chapelle
latérale où se trouvaient les pierres gravées
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Les deux pierres sont inclinées à
20° environ et leur partie supérieure est appuyée sur un muret de pierres sèches qui
double le mur de fondation méridional de la chapelle. Les moellons sont de petite taille
(entre 10 et 15 cm) et grossièrement empilés.
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Partie supérieure de la pierre la
plus à lest. Tous les éléments graphiques napparaissent pas sur cette photo
in situ car une pellicule de terre obture encore de nombreux sillons comme par
exemple des arcs aux sommets du carré le plus grand.
Dans la partie centrale et dans la partie
inférieure, on peut distinguer un motif identique à celui de la partie supérieure mais
il est réalisé très maladroitement et surchargé de nombreux traits. |

La partie inférieure des pierres se
situait à 40cm sous le niveau actuel du sol avant gravillonnage.La coupe présente un
mélange dhumus, de sable, de pierres de petites dimensions et de carrelages de
céramique de différentes dimensions.
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Les pierres
sont gravées sur 5 faces.
Ex : chant de la seconde pierre,
située à louest de la première. Il présente de nombreuses formes
géométriques : cercles dont le centre a été fortement marqué par la pointe du
compas, lignes parallèles et triangles, étoile
NB. Décalage de la partie supérieure dû
au photomontage. |

La dernière face (face inférieure) est équarrie
grossièrement au pic de carrier. |

Lautre chant longitudinal de la pierre
présente une succession approximative de ignes verticales barrées par trois lignes
horizontales. |

Tracés sur un chant de la
pierre A et sur un chant de la pierre B.
Cercle rayonné et décoré,
étoile à cinq branches, cercle avec sécantes etc...
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Relevé par frottis.
Traces de lignes sous-jacentes. La pointe du compas est bien marquée ainsi que les arcs
de cercle du côté droit. Les deux autres tiers de la pierre sont occupés par des
figures assez semblables mais dont le tracé est maladroit voire confus. Dautres
lignes interfèrent avec ces modèles. Ces quelques exemples sont loin dêtre
exhaustifs. Un relevé plus précis est nécessaire après séchage complet et en
utilisant, dans un premier temps, une lumière rasante. Dimensions des pierres en centimètres ( L x l x h )
Pierre A : 87 x 37.5 x 14
Pierre B : 83 x 38 x 14
La marque des pointes du compas indique un
frottement important sur la pierre, allant jusquà la creuser sur plus dun
millimètre. |
| La
céramique Des carreaux
de pavement ont été mis à jour lorsque les pierres ont été extraites de leur
logement. Seuls ceux qui sont tombés de la coupe ont été collectés. Auparavant, des
carreaux de pavement de Chaalis avaient été déjà mis à jour lors des fouilles de 1865
et de 1966 mais aussi lors des différents travaux effectués sur le site tout au long du
XIXe siècle. Certains sont conservés au musée de Senlis, dautres au
musée de Chaalis. Thermoluminescence et analyse des mortiers et des glaçures
apporteraient des renseignements propres à déterminer la datation mais aussi les modes
de facture et de pose de ces éléments. Les plus grands carreaux mesurent environ 10 cm
de côté et les plus petits, 2.5 cm. Certains dentre eux présentent
des incisions destinées à faciliter la découpe en triangle lors de la pose,
dautres ont été découpés lors de la pose. Le jaune et le vert lemportent.
Les navettes sont bicolores : fond en rouge et motifs en losange et bordure en jaune.
Une autre forme apparaît mais il faudrait avoir dautres exemples pour la décrire
avec précision (forme du pré-découpage).
Tous les éléments recueillis
semblent avoir participé à lélaboration dun pavement ouvert (rosace ?
mosaïque ?). Loblique de la plupart des chants semblerait confirmer cette
hypothèse.Une navette de forme semblable a été décrite dans son inventaire de la
tuilerie de Commelles par . Blary mais il indiquait une couleur différente :
glaçure verte sur fond jaune. Aucun autre motif sur les éléments recueillis sous les
pierres. |

Jeu du "filet". Basilique
julienne |
À la suite d'un certain nombre
d'observations, il semble légitime de proposer une explication pour une partie des
dessins de la première pierre découverte.
Jeu de marelle assise.
- Historique
Ce jeu de marelle était
connu dans l'antiquité égyptienne (temple de Kurna, vers -1440), grecque (Acropole
d'Athènes), romaine (basilique Julienne, -53) mais aussi au Sri Lanka sous le règne de
Mahadithika Maha-Naga (9-21). En Europe, nombreux sont les lieux où l'on a retrouvé le
tracé de ce jeu : tombe irlandaise de l'âge du bronze, tombe Viking, glyphes sur les
rochers en Istrie, dans des abbayes ( Whitby, Westminster), dans des cathédrales
(Canterbury), dans des châteaux (Helmsley castle, château de Loches), des églises
(Pickering church), dans des villages médiévaux ( Warram Percy ou Cochem en Allemagne).
La littérature n'est pas en reste et Shakespeare évoquait ce jeu dans A Midsummer
Night Dream (Le Songe d'une Nuit d'Été) : "The Nine's men Morris is filled up
with mud" (Le jeu de marelle est plein de boue).
La dénomination est elle aussi très variée :
Merelles, merills, merreles, merrels, merrelus, marels, marelles, marills, Mühlespiel,
muller, morell,morelles, molenspel, mills,mylla, mlynek, mylta, morris, jeu du filet, jeu
de marelle, jeu du charret, jeu du moulin, nine's men Morris. En France, ce jeu de
marelle, pour la distinguer de la marelle traditionnelle où l'on poussait du pied une
petite pierre sur un parcours préalablement dessiné sur le sol (XIVe ; marrele
" jeton " XIIe ; peut-être préroman marr
"pierre" ) on la qualifiait de marelle assise.
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Jeu de marelle : château de Loches.
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Le
dessin, parfois reproduit sur une paroi verticale, pourrait alors avoir une connotation
symbolique comme celui des marelles debout où l'on doit
gagner le paradis en évitant les embûches du monde infernal.
À Chaalis
Dans la mesure où les chants des deux
pierres sont aussi gravés, on peut penser que ces pierres ont été utilisées avant leur
pose ou après leur dépose dans la chapelle latérale.
Dans la littérature, le XIVème
siècle semblait avoir été friand de ce jeu de marelle ; or les chapelles latérales de
Chaalis, d'après la structure des bases de piles, datent de cette période.
Difficile de dire s'il s'agit de
gravures réalisées par des moines ou par des maçons. L'utilisation fréquente du compas
(marques profondes de la pointe) pour tracer d'autres formes pourrait faire pencher pour
la deuxième hypothèse. À Chaalis, comme au château de Loches, on peut observer trois
dessins contigus assez semblables.
L'étude des autres gravures est encore
à faire : graffitis, jeux, outils mnémotechniques, tracés de géométrie ou de
stéréotomie ? La mise en place d'un répertoire apporterait peuvent être quelques
lumières sur ces dessins qui donnent de la vie à des pierres trop souvent muettes. |

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- Dénomination du jeu
Si l'on tient compte
de la fréquence des appellations, on pourrait proposer en français :
Le jeu du moulin
Ce nom utilisé par les
Anglo-saxons vient probablement de la forme que prend le jeu dans son évolution : les
lignes (ou moulins) qui se multiplient font penser aux ailes du moulin à vent. C'est la
simplicité de la mise en uvre de ce jeu
 | Tracé simple donc rapide, facile à
mémoriser, correspondant peut-être à un symbole profondément ancré dans la mémoire,
ne nécessitant pas de support précis ni d'instrument de géométrie. |
 | Pions faciles à trouver dans la nature,
dans le domaine minéral ou végétal. |
De nos jours, des grilles
de Jeu de moulin sont installées dans certains parcs d'Europe, par exemple en
Allemagne et dans les Îles britanniques.
Proposition
À la faveur de
cette découverte, pourquoi ne pas remettre en vogue ce jeu de stratégie, soit en
diffusant sa grille et ses règles, soit en installant un de ces jeux dans le parc du
domaine de Chaalis. Il serait souhaitable d'exposer alors la pierre du jeu de moulin
trouvée dans l'abbatiale. La boucle serait bouclée : des élèves qui ont remarqué
cette pierre jusqu'aux élèves qui s'entraînent au jeu de moulin.
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- Le jeu
Le jeu se joue à
deux. Chaque joueur dispose de neuf pions identiques. Ils se distinguent par la couleur de
ceux de l'adversaire. (9 pions noirs et 9 pions blancs). De petits cailloux peuvent
suffire à condition qu'ils soient regroupés en deux couleurs bien marquées. Les joueurs
posent un pion à tour de rôle en essayant de faire un moulin, c'est à dire en
essayant d'aligner trois de ses pions sur un des côtés des trois carrés ou sur une des
médianes. Lorsqu'il réussit à faire un moulin, il peut prendre alors un pion de
l'adversaire à condition qu'il ne fasse pas partie d'un moulin. Une exception : lorsque
l'adversaire n'a plus de pions autres que ceux qui font partie d'un de ses moulins, il est
autorisé de prendre alors un pion à l'intérieur d'un de ses moulins. Chaque joueur
essaie de faire le plus grand nombre possible de moulins, simples (figure A) ou
doubles (figure B). Chaque pion peut glisser d'une case sur une place libre.
Lorsqu'un joueur n'a plus que trois pions, il peut "sauter" c'est à dire placer
un pion sur n'importe quel point inoccupé. Le joueur qui n'a plus que deux pions est
battu. On peut aussi perdre la partie lorsque l'on ne peut plus bouger ses pions.
Variantes
On peut multiplier
les carrés ou augmenter le nombre de pièces. Dans l'antiquité romaine, le jeu
commençait en lançant les dés à tour de rôle. À chaque coup les joueurs posaient un
pion mais si un joueur tirait un double, il pouvait déjà prendre un des neufs pions de
l'adversaire. D'autres variantes peuvent réduire ou augmenter les possibilités de prise
ou interdire de faire des aller-retour pour défaire et refaire un moulin. |
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