L'abbaye aux parfums de rose et de lys

 

    ABBAYE ROYALE DE CHAALIS, MUSÉE JACQUEMART-ANDRÉ. ATELIERS DES PARFUMS. ROSES. PRÉSENCE DE ROUSSEAU ET DE NERVAL. PARCOURS PÉDAGOGIQUES
Sous la direction de monsieur Jean-Pierre Babelon, membre de l'Institut de France, président de la Fondation Jacquemart-André.

Chapelle Sainte Marie

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Abbaye de Chaalis , château et ruines

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La chapelle abbatiale ( XIIIème siècle).

  Avec le Concordat de 1516, l'abbaye tombait en commende et les abbés commendataires, comme le cardinal Hippolyte II d' Este, faisaient bénéficier l'abbaye de leur goût pour les arts.

  Son neveu, Louis d'Este, fit venir le Tasse à Chaalis. Le poète y séjourna pendant l'hiver 1571-1572.  L'illustre famille de Ferrare confia à Primatice, le soin d'orner l'intérieur de la chapelle de fresques . Derrière la rosace actuelle, "tout le mur intérieur de la façade reçut une fresque monumentale, représentant l' Annonciation, avec dans un globe céleste, le Père éternel lançant ses anges pour annoncer la nouvelle. Tous les voûtainsfurent peints des figures des Apôtres, des Pères de l'Eglise, des Evangélistes et de nombreux anges portant les instruments de la Passion".

Intérêt pédagogique:

  Outre la qualité et la rareté de ces fresques de la Renaissance de la première Ecole de Fontainebleau, à l'initiative de madame de Vatry, des peintures du XIXème furent insttqalés sur le mur de soubassement des baies. Elles représentent une grande draperie surmontée de tous les blasons des abbés de Chaalis.

Un premier parcours pédagogique permet aux enseignants de se répérer dans l'iconographie religieuse. Un second est destiné aux élèves et propose entre autre de développer le thème de l'Annonciaiton.

Pour des motifs pédagogiques, tous les croquis et les dessins peuvent être reproduits librement.

         Pour un parcours sur l 'héraldique cliquez sur

Le blason.

 

du chrétien qui s'est affranchi de l'ecclesia mais qui s'enfonce dans le pessimisme, vison pré-romantique naissante.

"La scène se passait entre les anges, sur les débris du monde détruit. Chaque voix chantait une des splendeurs de ce globe éteint, et l'ange de la mort définissait les causes de sa destruction. Un esprit montait de l'abîme, tenant en main l'épée flamboyante, et convoquait les autres à venir admirer la gloire du Christ vainqueur des enfers."

 

 

  "Avec le Concordat de 1516, l'abbaye tombait en commende et les abbés commendataires comme le cardinal Hippolyte II d' Este, faisaient bénéficier l'abbaye de leur goût pour les arts."

  Son neveu, Louis d'Este, fit venir le Tasse à Chaalis. Le poète y séjourna pendant l'hiver 1571-1572.  L'illustre famille de Ferrare confia à des peintres de la Première École de Fontainebleau, le soin d'orner l'intérieur de la chapelle de fresques. Derrière la rosace actuelle, tout le mur intérieur de la façade reçut une fresque monumentale, représentant l' Annonciation, avec dans un globe céleste, le Père éternel lançant ses anges pour annoncer la nouvelle. Tous les voûtains furent peints des figures des Apôtres, des Pères de l'Eglise, des Evangélistes et de nombreux anges portant les instruments de la Passion.

Ndr : L'attribution des fresques Renaissance de Chaalis a évolué en fonction des modes de l'histoire de l'art maisde nos jours, il semble avéré que Le Primatice participa activement à l'iconographie des fresques de Chaalis. Bagnacavallo Ramenghi, le fils, aurait pu  être un des exécutants. Il est peu probable que des peintres médiocres aient pu s'imposer à proximité d'un édifice (mur actuel de la roseraie) dessiné par Sebastiano Serlio, le grand architecte de la Renaissance italienne dont le séjour à Chaalis est attesté à deux reprises.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un prestigieux témoin

 

Gérard

de Nerval

 

La Chapelle sainte Marie

de Chaalis

 

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"Le soleil noir de la mélancolie, qui verse des rayons obscurs sur le front de l'ange rêveur d'Albert Dürer".

  Peut-on rêver d'un plus grand talent littéraire que celui de Gérard de Nerval pour décrire les fresques Renaissance de la chapelle abbatiale de Chaalis ?

  Les deux textes cités ci-dessous sont extraits des Filles du Feu dont l'écriture datait de 1853 et la première édition de 1854, trois et quatre années après l'achat du domaine de Chaalis par Madame de Vatry. L'importance historique du témoignage ne cède en rien à ses qualités de description et à son génie romanesque. Par quel hasard, par quelle incroyable intuition le poète avait-il figé le temps au jour de la Saint Barthélémy ?

1572, Le massacre, la fin d'une possible conciliation entre catholiques et protestants. Irréalisable concorde chère au cœur d'Hippolyte II d'Este, le premier et le plus célèbre des abbés commandataires de Chaalis. ! Souvenir et obsession.

Hippolyte II d'Este, le cardinal de Ferrare, favori des rois très chrétiens et de Catherine de Médicis.

1572, la date de la mort de celui qui fut le maître d'ouvrage des fresques de la chapelle.

"…La suite des ruines amenait encore à une tour et une chapelle. Nous montâmes à la tour. De là l'on distinguait toute la vallée, coupée d'étangs et de rivières, avec les longs espaces dénudés qu'on appelle le Désert d'Ermenonville, et qui n'offrent que des grès de teinte grise, entremêlés de pins maigres et de bruyères. Des carrières rougeâtres se dessinaient encore çà et là à travers les bois effeuillés, et ravivaient la teinte verdâtre des plaines et des forêts, où les bouleaux blancs, les troncs tapissés de lierre et les dernières feuilles d'automne se détachaient encore sur les masses rougeâtres des bois encadrés des teintes bleues de l'horizon. Nous redescendîmes pour voir la chapelle ; c'est une merveille d'architecture. L'élancement des piliers et des nervures, l'ornement sobre et fin des détails, révélaient l'époque intermédiaire entre le gothique fleuri et la Renaissance. Mais, une fois entrés, nous admirâmes les peintures, qui m'ont semblé être de cette dernière époque.

- Vous allez voir des saintes un peu décolletées, nous dit le fils du garde. En effet, on distinguait une sorte de Gloire peinte en fresque du côté de la porte, parfaitement conservée, malgré ses couleurs pâlies, sauf la partie inférieure couverte de peintures à la détrempe, mais qu'il ne sera pas difficile de restaurer. Les bons moines de Chaalis auraient voulu supprimer quelques nudités trop voyantes du style Médicis. En effet, tous ces anges et toutes ces saintes faisaient l'effet d'amours et de nymphes aux gorges et aux cuisses nues. L'abside de la chapelle offre dans les intervalles de ses nervures d'autres figures mieux conservées encore et du style allégorique usité postérieurement à Louis XII. En nous retournant pour sortir, nous remarquâmes au-dessus de la porte des armoiries qui devaient indiquer l'époque des dernières ornementations. Il nous fut difficile de distinguer les détails de l'écusson écartelé, qui avait été repeint postérieurement en bleu et en blanc. Au 1 et au 4, c'étaient d'abord des oiseaux que le fils du garde appelait des cygnes, disposés par 2 et 1 mais ce n'étaient pas des cygnes. Sont-ce des aigles déployées, des merlettes ou des alérions ou des ailettes attachées à des foudres ? Au 2 et au 3, ce sont des fers de lance ou des fleurs de lis, ce qui est la même chose. Un chapeau de cardinal recouvrait l'écusson et laissait tomber des deux côtés ses résilles triangulaires ornées de glands ; mais n'en pouvant compter les rangées, parce que la pierre était fruste, nous ignorions si ce n'était pas un chapeau d'abbé. Je n'ai pas de livres ici. Mais il me semble que ce sont là les armes de Lorraine, écartelées de celles de France. Seraient-ce les armes du cardinal de Lorraine, qui fut proclamé roi dans ce pays, sous le nom de Charles X ou celles de l'autre cardinal qui aussi était soutenu par la Ligue ? ... Je m'y perds, n'étant encore, je le reconnais, qu'un bien faible historien..."

Les Filles du feu : Angélique 11ème lettre

"…Nous rattrapâmes le pavé à Mont-l'Evêque, et quelques minutes plus tard nous nous arrêtions à la maison du garde, à l'ancienne abbaye de Châalis. - Châalis, encore un souvenir !  Cette vieille retraite des empereurs n'offre plus à l'admiration que les ruines de son cloître aux arcades byzantines, dont la dernière rangée se découpe encore sur les étangs, - reste oublié des fondations pieuses comprises parmi ces domaines qu'on appelait autrefois les métairies de Charlemagne. La religion, dans ce pays isolé du mouvement des routes et des villes, a conservé des traces particulières du long séjour qu'y ont fait les cardinaux de la maison d'Este à l'époque des Médicis : ses attributs et ses usages ont encore quelque chose de galant et de poétique, et l'on respire un parfum de la Renaissance sous les arcs des chapelles à fines nervures, décorées par les artistes de l'Italie. Les figures des saints et des anges se profilent en rose sur les voûtes peintes d'un bleu tendre, avec des airs d'allégorie païenne qui font songer aux sentimentalités de Pétrarque et au mysticisme fabuleux de Francesco Colonna. Nous étions des intrus, le frère de Sylvie et moi, dans la fête particulière qui avait lieu cette nuit-là. Une personne de très illustre naissance, qui possédait alors ce domaine, avait eu l'idée d'inviter quelques familles du pays à une sorte de représentation allégorique où devaient figurer quelques pensionnaires d'un couvent voisin. Ce n'était pas une réminiscence des tragédies de Saint-Cyr, cela remontait aux premiers essais lyriques importés en France du temps des Valois. Ce que je vis jouer était comme un mystère des anciens temps. Les costumes, composés de longues robes, n'étaient variés que par les couleurs de l'azur, de l'hyacinthe ou de l'aurore. La scène se passait entre les anges, sur les débris du monde détruit. Chaque voix chantait une des splendeurs de ce globe éteint, et l'ange de la mort définissait les causes de sa destruction. Un esprit montait de l'abîme, tenant en main l'épée flamboyante, et convoquait les autres à venir admirer la gloire du Christ vainqueur des enfers. Cet esprit, c'était Adrienne transfigurée par son costume, comme elle l'était déjà par sa vocation. Le nimbe de carton doré qui ceignait sa tête angélique nous paraissait bien naturellement un cercle de lumière ; sa voix avait gagné en force et en étendue, et les fioritures infinies du chant italien brodaient de leurs gazouillements d'oiseau les phrases sévères d'un récitatif pompeux.

En me retraçant ces détails, j'en suis à me demander s'ils sont réels, ou bien si je les ai rêvés. Le frère de Sylvie était un peu gris ce soir-là. Nous nous étions arrêtés quelques instants dans la maison du garde, - où, ce qui m'a frappé beaucoup, il y avait un cygne éployé sur la porte, puis au dedans de hautes armoires en noyer sculpté, une horloge dans sa gaine, et des trophées d'arcs et de flèches d'honneur au-dessus d'une carte de tir rouge et verte. Un nain bizarre, coiffé d'un bonnet chinois, tenant d'une main une bouteille et de l'autre une bague, semblait inviter les tireurs à viser juste. Ce nain, je le crois bien, était en tôle découpée. Mais l'apparition d'Adrienne est-elle aussi vraie que ces détails et que l'existence incontestable de l'abbaye de Châalis ? Pourtant c'est bien le fils du garde qui nous avait introduits dans la salle où avait lieu la représentation ; nous étions près de la porte, derrière une nombreuse compagnie assise et gravement émue. C'était le jour de la Saint-Barthélemy, - singulièrement lié au souvenir des Médicis, dont les armes accolées à celles de la maison d'Este décoraient ces vieilles murailles... Ce souvenir est une obsession peut-être ! - Heureusement voici la voiture qui s'arrête sur la route du Plessis ; j'échappe au monde des rêveries, et je n'ai plus qu'un quart d'heure de marche pour gagner Loisy par des routes bien peu frayées…"

Sylvie : Souvenirs du Valois

VII Chaalis.

Textes établis par Henri Lemaître, http://gallica.bnf.fr/Fonds_Frantexte/T0101475.htm

Plan de la partie supérieure de la Sainte-Chapelle de Paris.

Ce plan est très proche de celui d'une chapelle rayonnante de la cathédrale d'Amiens.

Le plan de la chapelle

  Selon R.-H. Bautier, la chapelle abbatiale de Chaalis aurait été élevée entre 1245 et1255. Comme pour la Sainte-Chapelle de Paris elle fut un temps attribuée à Pierre de Montreuil mais pour ces deux édifices l’identité du maître d’œuvre reste encore à prouver. Par contre la construction de la chapelle de la Vierge en l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés, les travaux d'élévation d'une partie de la nef de Saint-Denis et du croisillon sud de Notre-Dame de Paris furent dirigés selon toute vraisemblance par ce même Pierre de Montreuil.

Sainte-Chapelle et chapelle de Chaalis, étaient probablement deux témoignages à des niveaux différents de l’évolution de la ferveur religieuse et de l’architecture au temps du roi Saint-Louis.

Plans d'après Viollet le Duc Dictionnaire de l'architecture médiévale

Plan de la chapelle de l'abbé de Chaalis

 

  Si l'on compare le plan du Trésor de la Sainte-Chapelle et le plan de la chapelle de Chaalis, on peut observer une très grande similitude : même nombre de travées, chœur identique, même rythme architectural.

 

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La chapelle du XIIIe siècle, l'abbaye du XVIIIe siècle (le musée actuel) et les ruines de l'église abbatiale de Chaalis du XIIIe siècle.

  Dès le XIIIe siècle, à l'imitation des rois de France, des abbés et des grands seigneurs se firent construire leur chapelle-reliquaire. Sans remettre en cause la datation du bâti, il semble difficile d’accréditer pour cette même période, l’existence d’une chapelle dédiée à la dévotion particulière de l’abbé de Chaalis. Une étude plus précise du cartulaire pourrait peut-être permettre de préciser les hypothèses concernant la dédicace. À la fin du XIVe siècle, elle était nommée Chapelle Sainte Marie par Jean de Montreuil. En 1544, elle était désignée capella vecchia de Nostra Dona sur le registre des comptes du cardinal de Ferarre. Au XVIIIe sur des plans de l’abbaye elle était appelée Chapelle du Roy puis Chapelle de l’abbé.

 

  

À Chaalis, l'architecte avait repris un plan très proche de celui du Trésor des chartes une annexe importante qui à elle seule était un monument et qui était accroché au flanc de la Sainte-Chapelle. Il avait utilisé des piles engagées très saillantes à colonnes triples pour supporter les voûtes comme celles de Saint-Germain ou de Vincennes. Ce système permettait d'alléger la poussée sur les contreforts, d'en diminuer la saillie et la masse à l'extérieur et de réduire la charge sur les fenêtres. Le premier tiers de l’élévation correspond à un mur dont le sommet est chanfreiné des deux parts et qui assure le chaînage de la structure. L'ébrasement des baies appuyées sur l’ouvrage en pierre de taille permet le recul de la haute claire-voie et donne de l'air à l'intérieur du bâtiment. La base des meneaux s’implante avec élégance sur la crête de ce mur épais et leur savante répartition permet de masquer de prime abord les différentes largeurs des fenêtres qui s’insèrent sous les formerets jusqu’au niveau de la corniche. Pas de gable au-dessus des arcs des baies ni de pinacle surmontant les culées. Les éléments communs de l’architecture, la présence de Louis IX à Paris comme à Chaalis ainsi que la période probable de construction ont incité les historiens à rapprocher l’histoire de ces deux édifices. Les progrès de l'architecture furent si rapides en ce milieu du XIIIe siècle qu’une dizaine d’années suffisait pour faire apparaître des modifications très sensibles de l'architecture. La comparaison de l'église abbatiale de Chaalis (consacrée en 1219 mais probablement inachevée) et de la chapelle de Chaalis (1245-1255 ) pourrait en apporter une preuve supplémentaire. Cette architecture rayonnante, opus francigenum, a été probablement réalisée par des maîtres d'œuvre professionnels parisiens.

Les différents éléments de la chapelle abbatiale

  L’état de l’œuvre, la description de la restauration de la chapelle à la fin du XIXe siècle, les photographies et les plans du projet de Corroyer permettent de penser que la structure du bâtiment n'a guère subi de transformations majeures depuis le XIIIe siècle.

La façade : un portail étroit surmonté d'une archivolte à voussure triple et d'un tympan trilobé perce une haute façade à pignon. Au-dessus d'une galerie fleurdelisée, une rosace à huit compartiments contient des trèfles à feuilles pointues. Au-dessus, une fenêtre en tiers-point est garnie d'abat-son. À droite, une tourelle d'angle avec archères et sommet pyramidal.
Les contreforts sont assez puissants et s'élèvent jusqu'au niveau de la corniche moulurée et décorée d’une frise qui n’est pas homogène et qui est en grande partie restaurée.
Sur les six fenêtres latérales quatre sont de grande taille. Elles sont divisées verticalement par un meneau et chacune de ces parties est elle-même divisée en deux baies surmontées d'un arc trilobé. Les tympans sont formés de trois quatre-feuilles.

  Les fenêtres du chœur et les fenêtres latérales directement voisines sont divisées en trois arcs brisés surmontées de trois quatre-feuilles comme les autres fenêtres latérales.

Les colonnettes élancées se terminent par des chapiteaux aux tailloirs élégants et à la décoration de feuilles stylisées, de crochets, voire de fleurons.
La toiture à deux pans couverts de plaques de cuivre a remplacé à la fin du XIXe siècle une couverture de tuiles plates qui protégeait mieux la corniche. Installé ou réinstallé à la fin du XIXe siècle, l’aigle qui domine la toiture fait probablement référence à l’aigle blanc du cardinal de Ferrare.
  Aux deux gargouilles médiévales encore visibles dans les angles de la façade sur des photographies de la fin du XIXe siècle, ont été adjointes, sur les indications de Corroyer, toute une série de gargouilles néo-gothiques inspirées du bestiaire médiéval, allégories des vices de l’humanité. Un éléphant soutenant un balconnet vient compléter cette étrange collection.

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Grande fenêtre sud de la nef.

 

 

 

 

 

 

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Chœur de la chapelle

Les colonnettes élancées se terminent par des chapiteaux aux tailloirs élégants et à la décoration de feuilles stylisées, de crochets, voire de fleurons.
La toiture à deux pans couverts de plaques de cuivre a remplacé à la fin du XIXe siècle une couverture de tuiles plates qui protégeait mieux la corniche. Installé ou réinstallé à la fin du XIXe siècle, l’aigle qui domine la toiture fait probablement référence à l’aigle blanc du cardinal de Ferrare, même s'il est d'un modèle stéréotypé..
  Aux deux gargouilles médiévales encore visibles dans les angles de la façade sur des photographies de la fin du XIXe siècle, ont été adjointes, sur les indications de Corroyer, toute une série de gargouilles néo-gothiques inspirées du bestiaire médiéval, allégories des vices de l’humanité. Un éléphant soutenant un balconnet vient compléter cette étrange collection.
Le carrelage, démonté au XIXe siècle, était composé d'éléments vernissés semblables à ceux de l'église. Ces terres cuites décorées d'aigles et de fleurs de lis sont visibles pour partie au musée de Chaalis.

  À l'image de la Sainte-Chapelle qui devait recevoir les reliques de la Passion, la chapelle abbatiale pouvait être une église écrin, une châsse de grande échelle destinée à recevoir les reliques offertes par saint Louis à Chaalis. Le roi aurait donné à l'abbaye de Chaalis, entre autres reliques, celles de sainte Constance, une des Onze Mille Vierges, et celles d'un compagnon de saint Maurice.

 

La vierge de Baron

  Jean de Montreuil : (1354-1418) notaire et secrétaire du roi Charles VI participa à plusieurs ambassades. Il fut surtout l’un des animateurs d’un groupe de lettrés adonnés à l’humanisme et soucieux de rivaliser avec les Italiens. Il prit soin de conserver ses lettres, souvent riches de réflexions politiques ou sociales. L'une d'elles, était une description fort élogieuse de l'abbaye de Chaalis . L'extrait ci-dessous évoquait la chapelle Sainte-Marie de Chaalis.

 "Et, ce qui est plus magnifique encore, c'est une petite chapelle de Ste Marie, proche de cette habitation. Elle passe pour être à peine moins belle que celle de St Germain des Prés. C'est que, aux dires du sacriste, des quantités de miracles ont été accomplis ici par l'intervention de la Ste Vierge auprés de son fils. Miracles que Dieu multipliera dans sa Grâce s'il le veut bien ( ces dons dépendent en effet de sa volonté). Et l' on trouve dans cette chapelle, il faut absolument le mentionner, une remarquable statue de la Vierge. Cette sculpture, c'est évident, est d'une telle majesté et d'un art si achevé qu'elle n'est inférieure en rien à aucune de celles qui se trouvent dans ce royaume ou que l'on pourrait rencontrer ailleurs. On dirait qu'elle est l'oeuvre de Lisippe, de Praxitèle ou d'Apelle".

EPISTOLA XL. Ad quemdam episcopum. Descriptio Caroli-loci monasterii prope Silvanectum. Martène Amplissima collectio, T.II, col. 1387-1389. Traduction F. Marengo, 2003, S.A.P.

 

Pour en savoir plus sur les fresques, cliquez sur :

Description des fresques de la Renaissance

 

Intérêt pédagogique:

  Outre la qualité et la rareté de ces compositions de la Renaissance, des fresques du XIXème, à l'initiative de madame de Vatry, présentent tous les blasons des abbés de Chaalis.

  Un premier parcours pédagogique permet aux enseignants de se repérer dans l'iconographie religieuse de la chapelle. Un second est destiné aux élèves et propose entre autre de développer le thème de l'Annonciation.

Pour des motifs pédagogiques, tous les croquis et les dessins peuvent être reproduits librement.

         Pour un parcours sur l 'héraldique cliquez sur

Le blason.